Au-delà du constat évident que le vote de lundi en a été un de contestation des grands partis et des façons de faire traditionnelles, force est de constater que l’on assiste à une polarisation gauche-droite sur tout le territoire québécois.
La gauche, la vraie gauche, très clairement affichée lors de la campagne électorale par Québec solidaire et le Parti vert, récolte un très fort 7,6% des suffrages exprimés. De son côté, le Parti québécois a été purgé de ses éléments de droite qui ont joint les rangs du parti des banlieues, de la classe moyenne, l’ADQ.
Il en ressort que la gauche sociale-démocrate, environnementaliste, progressiste, celle qui appuie une nouvelle vision de notre monde, une vraie nouvelle façon de faire, récolte près de 36% du vote, c’est-à-dire beaucoup plus que les libéraux (33%), qui comptent sur un appui aveugle et en bloc des anglophones, et plus que l’ADQ (30,8%) qui profite du vote de contestation. Cela est encore plus vrai en milieu urbain : à Montréal, à Hull, à Sherbrooke, et même à Québec où, malgré la vague adéquiste, Québec solidaire et le Parti vert récoltent un fort pourcentage.
Il serait souhaitable qu’un gouvernement minoritaire soit l’occasion de modifier enfin le mode de scrutin et de permettre une certaine représentation proportionnelle, ce qui aurait vu une dizaine de députés solidaires et verts prendre place à l’Assemblée nationale suite au vote de lundi. Cette dizaine de députés, alliée aux 31 du PQ… c’est presque le pouvoir dans un gouvernement de coalition.
Mais comme cette réforme ne viendra probablement pas, du moins pas dans un avenir rapproché, la gauche doit bouger. Et vite. La gauche doit s’unir et empêcher le Québec de devenir ce qu’il n’est pas : une société de droite qui rejette le filet de sécurité social et qui est contrôlée par le profit et l’entreprise privée.
C’est un Parti Québécois complètement dépouillé de ses appuis souverainistes de droite qu’on retrouve maintenant. La coalition souverainiste n’existe plus. Le partage gauche-droite qui devait s’opérer au lendemain de la souveraineté est déjà clairement en place, et la Parti Québécois n’a plus le choix : il doit revoir en profondeur le message et la plate-forme, et s’allier de façon concrète au Parti vert et à Québec solidaire.
La fusion de l’UFP, de l’Option citoyenne et du Parti vert aurait permis une représentation de gauche à l’Assemblée nationale dès maintenant, et les verts n’ont maintenant pas plus le choix que le PQ d’accepter de discuter fusion avec Québec solidaire.
Comme moi, de nombreux électeurs ont voté PQ lundi en espérant encore (une dernière fois) battre soit les libéraux, soit l’ADQ. Sans le moindre doute, un nombre important de ceux-ci appuieront, dans un an, lors du prochain scrutin, un parti clairement à gauche (ce sera assurément mon cas). Le mouvement de désertion du PQ ne cessera pas, et la seule chance de survie de celui-ci est une fusion avec les deux autres partis qui ont l’avenir des Québécois vraiment à cœur.
Pour les verts, pour les péquistes, l’heure est à la discussion, l’heure est à l’ouverture, l’heure est à la coalition, une coalition qui n’a jamais fait peur à Québec solidaire. Une telle coalition peut réellement prendre le pouvoir au Québec, et cela est possible dès le prochain scrutin. Mais, pour ça, il faut dès maintenant se mettre au travail ardemment. La campagne a démontré que nous sommes à l’heure des campagnes de chefs : Québec solidaire a deux excellents candidats à ce titre. Exit Boisclair, exit McKay, deux personnages qui n’ont pas le charisme nécessaire pour rallier le vote social-démocrate, environnementaliste, progressiste.








