Une semaine après la bourrasque de droite qui a balayé le Québec, il semble essentiel de ne PAS passer à autre chose et de poursuivre et continuer une réflexion profonde sur qui nous sommes, les Québécois, et surtout qui nous serons tels que représentés par nos lois, nos règlements et l'organisation de nos institutions et services.
0valBL0g est heureux de participer à ce débat, et d'avoir suscité une amorce de débat et d'échange sur des questions fondamentales (voir les commentaires aux deux articles précédents).
Il y a beaucoup d'éléments à soupeser et, dans le but de ne pas offrir un texte qui serait plus de l'ordre de la soupe chargée et aux goûts complexes, afin de raffiner le bouillon, un certain temps de réflexion est nécessaire.
Il y a beaucoup à dire suite à cette semaine marquant un point tournant de l'avenir de la société québécoise. Avant de poursuivre avec des textes qui tenteront de rationnaliser le tout, 0valBL0g voudrait simplement préciser un point qui n'a peut-être pas pris toute l'ampleur qu'il aurait dû suite au vote du 26 mars et suite au texte publié ici le 27 mars (intitulé La gauche doit s'unir). Ce n'était peut-être pas clair: la coalition souverainiste qu'était le PQ a éclaté et le PQ ne sera plus, s'il survit, qu'un des nombreux partis officiellement reconnus par l'Assemblée nationale. Plus jamais le PQ ne pourra espérer reprendre (seul) le pouvoir. Au prochain scrutin, le PQ pourrait obtenir à peine plus de 20% des suffrages, et Verts et Solidaires ensemble près de 15%... Ça dit tout me semble.
Constats (bases de réflexion peut-être):
- L'axe n'est plus fédéraliste-souverainiste mais bien gauche-droite désormais au Québec.
- L'heure est à l'union des forces de gauches et progressistes car, sinon, elles vont le voir assez vite, que c'est vrai que la droite a pris tout le terrain, avec 89 députés sur 125 à l'Assemblée nationale. Les mesures sociales vont prendre le bord; Attention: portefeuille garni nécessaire.
- Le Parti Québécois ne peut plus jamais espérer prendre seul le pouvoir
- Difficile de croire que ceux et celles qui ont préféré voter ADQ le 26 mars 2007 plutôt que PQ appuieront à nouveau un jour le PQ puisqu'ils sentent que leurs aspirations souverainistes seront entendues à ce parti
- Avec la députation qu'ils ont maintenant, les moyens financiers, la tribune de l'opposition officielle... Mario Dumont et l'ADQ ne peuvent que grandir. L'ADQ a terminée 2e dans quelque 45 circonscriptions... prochaine étape, le pouvoir, et c'est pour bientôt car le PQ ne pourra faire la paix avec lui-même avant un bon bout et ne pourra tirer la couverture de son côté
- La souveraineté reste souhaitable pour bien des électeurs, mais ne sera plus jamais un enjeu électoral
- Avec la droite qui prend toute la place à l'Assemblée nationale, les sociaux-démocrates doivent trouver une voix au parlement
- Le PQ sera tenté de glisser vers la droite pour rivaliser avec l'ADQ dans le vote francophone
- Si le PQ vire à droite, les sociaux démocrates se tourneront vers Québec solidaire et les Verts
- Même en se braquant sur la gauche, le PQ verra de plus en plus de gens appuyer plutôt Québec solidaire et les Verts
- Bref, le PQ n'est plus désormais qu'un tiers partis parmi d'autres; son score de 28% des suffrages n'est certes pas à la hausse... tendance à la baisse
- Ce qui compte vraiment, en 2007, c'est bien plus la survie de l'humanité que la souveraineté, l'environnement que la langue, le fonctionnement et le financement des institutions publiques que la Constitution du Canada (dont on réussi à se passer, dans les faits, depuis 25 ans)... Bref tout ce sur quoi le PQ repose passe au second plan de l'intérêt public. Alors, comme Québec solidaire le propose, il semble assez logique de se concentrer sur ces questions, et de reléguer la souveraineté à sa place: secondaire, et en profiter pour en faire un vrai débat de fond, avec la rédaction d'une constitution québécoise et la description de la société qu'elle invite à former.








