- Chanceux pourquoi ?
- Chanceux parce que tu peux te vêtir comme tu veux. Au gré des saisons. Moi presque pas...
- C'est toi qui devrais plutôt se compter chanceux. Tu n'as pas à te payer du linges. À l'entretenir... quoique j'te vois à l'occasion faire ton lavage et ton genre de repassage.
- Ça passe le temps...
- Tu n'as pas, non plus, à te questionner sur quoi porter. Sur le comment agencer ta parure. Tu sais, c'n'est pas toujours facile... les couleurs... les...
- C'est vrai mais de ce temps-ci, par exemple, je ne suis pas bien dans ma peau. Je ne me sens pas de saison. Je suis malheureux. Je souffre de ne pas pouvoir me vêtir convenablement et être à l'aise.
Durant son sommeil l'être humain rêve à cette conversation.
Il y a des démunis dans la vie. Tous les êtres non pas une chance égale.
Dans un pays aux quatre saisons, l'hiver, de ce temps-ci, est en sabbatique. On golfe au lieu de pelleter ou souffler de la neige. Des arbres ovulent quelques bourgeons. On entend presque une mouche voler au lieu de voir des flocons de neige surfer dans l'air. Des ours sortent de leur tanière, surpris de ne pouvoir se gaver des fruits qui se déglacent. Les raisins des Ice Wine sont en quasi-perdition Heureusement que les boules et les lumières égayaient le sapin de Noël 2006. Sans ça, le vert de l'arbre se serait caméléoniser avec le vert de la pelouse.
Et durant la nuit le mercure baisse. La pluie se déguise en flocons de neiges. Les celsius sont en mode négatif.
Et l'être ami de l'humain retrouve une joie-de-vivre.
Il fait froid. Même très froid. Le sol blanc crispe sous les lumières du soleil du matin. Dehors, l'ami à deux parures est aux p'tits oiseaux. Enfin il profite de son poil d'hiver. Lui, le chat.
