Un sommet de violence
Louis Mathieu Gagné
Le Journal de Montréal
21/07/2006 08h12
La série d'invasions de domicile pourrait avoir atteint un nouveau sommet de violence dans la région métropolitaine. Un artiste peintre a en effet été dévalisé avant d'être abattu dans sa résidence de Laval dans la nuit de mercredi à hier.
Ce meurtre d'apparence gratuit s'est produit vers 3 h 30 au 150 de la rue Vanasse, dans le paisible quartier de Sainte-Dorothée.
Selon les policiers, un homme est entré par effraction avant d'être surpris par les trois occupants de la demeure. «Il y a eu altercation, puis plusieurs coups de feu ont été tirés», explique l'agent Daniel Guérin.
Ligoté et violenté
Jacques Sénécal, un artiste peintre de 62 ans bien connu dans sa région, a été tué par au moins deux projectiles d'arme à feu.
L'intrus, qui s'exprimait en anglais, a ensuite fui les lieux avec son butin. Malgré le choc de l'agression, la conjointe de la victime est allée chercher de l'aide chez sa voisine.
«Elle criait et pleurait. Elle m'a dit que quelqu'un avait tiré sur son mari», a raconté hier au Journal Théodora Tsatsaronis, la voisine qui l'a accueillie dans les minutes suivant le drame.
Selon ce que Mme Nadeau lui a raconté, l'intrus aurait ligoté son fils avant de faire irruption dans sa chambre à coucher. «Il a demandé de l'argent. Après l'avoir eu, il a arraché les bijoux du cou de la dame. C'est à ce moment-là que son mari l'a frappé», dit la dame.
Toujours selon elle, l'intrus aurait tiré sur M. Sénécal. Ce dernier aurait à nouveau tenté de frapper l'agresseur avant de recevoir une autre balle.
Autres invasions
Selon les policiers, le suspect a pris la fuite au volant d'un véhicule. «Des voisins ont entendu un crissement de pneus», dit l'agent Guérin, sans vouloir confirmer l'information selon laquelle un voisin aurait vu le véhicule quitter les lieux.
Jacques Sénécal est décédé quelques heures plus tard à l'hôpital. Sa conjointe et son fils, bien que fortement ébranlés, n'ont pas été blessés.
La police de Laval croit que cette nouvelle invasion de domicile, cette fois meurtrière, pourrait avoir été commise par le même suspect impliqué dans d'autres événements du genre.
«Cette une forte possibilité. On collabore avec la police de Montréal pour établir des liens entre cet événement et les précédents», dit l'agent Guérin.
C'est la troisième invasion de domicile à survenir cette année à Laval. La plus récente remonte au 3 juillet, alors qu'un dirigeant grec s'était fait dérober les recettes du Festival d'été de sa communauté. Fait inquiétant, cela s'était produit à quelques centaines de mètres de l'invasion mortelle d'hier.
Le suspect mesure environ 5 pieds 8 pouces. Il est costaud et parle anglais.
L'inquiétude se lisait sur tous les visages hier dans le quartier Sainte-Dorothée au lendemain du meurtre de Jacques Sénécal.
«On se croyait en sécurité ici. Je n'avais jamais eu d'inquiétudes avant, mais là, je ne le sais plus quoi penser», affirme Pierre Dumoulin, voisin du peintre.
«C'était tellement tranquille avant ici. Je ne comprends pas ce qui se passe», dit pour sa part Bernard Méthot en se rappelant les autres invasions de domicile.
Tous peinent à expliquer ce qui peut bien s'être produit. «Je l'enviais beaucoup parce qu'il était paisible. Il semblait aimer sa vie de peintre», indique M. Dumoulin.
Cours de peinture
Enseignant retraité, M. Sénécal n'avait pas perdu le goût de l'enseignement puisqu'il donnait régulièrement des cours de peinture lorsqu'il ne peignait pas.
«C'était sa passion. On est devenus amis par la peinture. Il était très doué et très apprécié des gens», indique Marc Rolland, autre artiste peintre de la région.
