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Publié le 29 mars 2008
Par oxford
Sherbrooke, le 27 mars 2008
Opinion Libre
La Tribune
Par Jean-Raymond Houle

Mme Dany Lachance, présidente
Société de transport de Sherbrooke (STS)

Au Collectif Sherbrooke-Transport, nous recevons des courriels et commentaires d'usagères et d'usagers du transport en commun nous demandant la raison qu'a la STS de construire au Plateau Sylvie-Daigle, au coût de 3 milions $, une station intermodale pour desservir en premier lieu la population étudiante de Cégep de Sherbrooke et cela au détriment de la population de l'arrondissement de Fleurimont.

   Il est difficile pour une population de plus de 42 000 résidents de l'arrondissement de Fleurimont de concevoir qu'il est prioritaire pour la STS de desservir une clientèle étudiante d'environ 5000 étudiants inscrits au Cégep leur permettant d'utiliser sans restriction l'ensemble du réseau de la STS au tarif annuel de 100$, par année, alors qu'un résident de Fleurimont qui doit utiliser le transport en commun pour se rendre à son lieu de travail doi débourser plus de 700 $ par année.

  Où en est la justification de construire une station intermodale au Cégep si ce n'est que pour augmenter un achalandage plus ou moins fictif et aberrant, comme d'ailleurs le récent sondage complaisant au coût de 25 000 $, payé à même l'argent des contribuables, fait pour redorer l'image ternie de la STS.

   L'analyse du sondage sur l'achalandage du transport en commun démontre qu'en général, c'est la clientèle étudiante du niveau supérieur seulement qui est satisfait du transport en commun. Le reste des usagers et la clientèle scolaire du niveau primaire et secondaire sont laissés pour compte avec le nouveau plan de transport en commun. (..)

    Le transport en commun sera un enjeu important pour les cinq élus municipaux qui siègent au conseil au conseil d'administration de la STS et le récent sondage complaisant de la STS n'assurera pas la réaction de ces conseillers municipaux.

Jean-Raymond Houle
Coordonnateur
Collectif Sherbrooke-Transport
Publié le 20 mars 2008
Par oxford
«Sherbrooke, le 19 mars 2008
La Tribune
Par David Bombardier
david.bombardier@latribune.ca

                                     Sherbrooke milieu de vie veut des élections

La Coalition Sherbrooke Milieu de Vie (CSMV) souhaite modifier en profondeur le processus de consultation mis en place par la Ville de Sherbrooke en matière d'urbanisme.

Elle propose notamment que les membres des différents comités soient choisis par la population lors d'élections en bonne et due forme dans chaque bureau d'arrondissement. «Les nominations en provenance du sommet doivent céder la place à la sélection par la base», insite Thierry Nootens, porte-parole de la Coalition et ex-président du comité du Non ayant remporté le référendum sur le plan d'urbanisme, en mai dernier.
   La Ville a dévoilé, il y a deux semaines, les procédures qu'elle compte mettre en place pour consulter la population en vue de relancer le processus de planification urbaine «sur de nouvelles bases».
   Le conseil municipal nommera d'abord les 10 membres du comité Dialogue-citoyens Sherbrooke, qui supervisera les décisions avec la population sur les trois thématiques: la pertinence du boulevard René-Lévesque, le développement commercial dans l'arrondissement de Fleurimont et la protection du bois Beckett et des aires écologiques.
   Ce comité central ne comprendra aucun élu. Il sera composé de trois citoyens membres du comité consultatif d'urbanisme (CCU), d'un président, des trois coprésidents des tables thématiques et de trois hauts fonctionnaires de la Ville.

   La Coalition critique la composition de ce comité. Selon elle, les trois membres du CCU ne devraient pas en faire partie puisqu'ils sont nommés par la Ville. Les trois fonctionnaires n'auraient pas le droit de vote et les sept autres membres seraient choisis lors d'une élection par vote secret dans les bureaux d'arrondissement, propose le groupe de pression.
   La Ville prévoit que chacune des trois tables thématiques comptera 13 citoyens, experts ou représentants de groupes d'intérêts, tous sélectionnés par le comité central après une période de mise en candidature. La Coalition demande plutôt que ces membres soient également choisis par les citoyens au cours du même processus électoral.
   De telles élections occasionneraient nécessairement des coûts, «mais c'est possible de trouver une solution peu coûteuse», avance Thierry Nootens.
   Les trois comités devraient ensuite tenir des assemblées publiques de consultation avant de commencer leur travaux, et non après comme le prévoit la Ville, ajoute la Coalition. Celle-ci demande également qu'à la fin du processus, les recommandations des comités ne soient pas «filtrées» par le CCU, mais plutôt soumises telles quelles au conseil municipal.

   De passage devant les élus, lundi soir, à l'hôtel de ville, M. Nootens a par ailleurs répété que les thématiques abordées devraient être élargies aux problématiques du transport et du commerce sur l'ensemble du territoire sherbrookois plutôt que de se limiter aux questions du transport dans le quartier Mi-Vallon (boulevard René-Lévesque) et de la desserte commerciale de Fleurimont.
   La Coalition dit «accueillir favorablement» l'ouverture de la Ville, mais croit qu'il s'agit là d'un «point de départ qui mérite d'être bonifié».


            Thierry Nootens
              (Archives La Tribune)
Publié le 26 février 2008
Par oxford

Sherbrooke, le 19 février 2008
Opinion Libre
La Tribune


Que voulons-nous pour notre Québec? Nous sommes à la croisée des chemins, c'est ici et maintenant que les choix se feront quant à l'avenir de notre société. Opterons-nous pour la tolérance ou cèderons-nous à la facilité des préjugés? Voilà des questions soulevées par le débat sur les accommodements raisonnables. (...)

Nous sommes des étudiants en sciences humaines du Cégep de Sherbrooke et nous proposons aujourd'hui un projet de société aux Québécois. Notre vision pour le Québec est une vision où le ''nous'' québécois s'utilise en fonction de la citoyenneté et non de la couleur de la peau ou de la religion que l'on pratique.

Nous voulons que notre gouvernement prenne les mesures nécessaires pour favoriser l'intégration des nouveaux arrivants au Québec. Mais le gouvernement ne peut pas tout faire seul, les employeurs doivent cesser d'écouter leurs préjugés et embaucher pour les compétences des candidats et ne rien laisser d'autres influencer leur décision. Le meilleur moyen de favoriser l'intégration d'un individu à sa nouvelle société, c'est de lui fournir un emploi lui permettant de répondre aux besoins de sa famille.

L'intégration passe également en grande partie par l'éducation. Tous les parents ont la responsabilité de développer chez leurs enfants une ouverture d'esprit plutôt que de leur transmettre des préjugés. L'éducation est le premier pas vers une société plus que tolérante. La tolérance n'est pas ce que nous cherchons à atteindre, la tolérance sous-entend que nous n'approuvons pas ce que nous voyons mais que nous gardons le silence. Ce que nous voulons, c'est une société à l'esprit ouvert.

(...) Le monde est à notre porte, alors qu'allons-nous faire? Nous refermer sur nous-mêmes et dimiuer le nombre d'immigrants entrant au Québec, comme l'ADQ semble le proposer? Nous ne croyons pas que c'est ce qui serait le mieux pour le Québec. Il ne faut pas voir les autres cultures comme une menace, tous ces rapports extérieurs viennent enrichir la culture québécoise. Nous ne croyons pas en disant cela qu'il faut céder à toutes les demandes d'accommodements raisonnables, nous croyons qu'il faut savoir se montrer ouvert d'esprit tout en s'accrochant aux valeurs, à nos valeurs chères, l'égalité entre les sexes par exemple. (...)

Le projet que nous proposons n'est pas facile, mais le changement ne s'accomplit jamais facilement. Il nous demande à tous de faire notre part. Mais évidemment, les gens ayant plus de pouvoir ont également plus de responsabilité dans le changement, nous parlons ici des employeurs, des médias et des politiciens. Ce que nous vous proposons c'est de changer le Québec nous-même. En faisans entendre nos voix, en affirmant haut et fort ce que nous voulons. Nous vous proposons de prendre les moyens nécessaires pour atteindre notre idéal d'une plus grande justice sociale. Définissons nous-même le nouveau ''nous'' québécois.

Alexandre Beaudoin
Gabriel Bernard-Perron
Mathieu Prince
Étudiants au Cégep de Sherbrooke
Publié le 26 novembre 2007
Par oxford
Libre opinion
Le Devoir
Montréal, le 8 août 2007

Guillaume Rousseau

 Pour un Parti Québécois progressiste, national et populaire

Jadis national et populaire, le PQ se définit depuis quelques années comme étant un parti altermondialiste, écologique et pluraliste... avec pour résultat, les pires scores électoraux de son histoire. La question qu'il doit se poser est donc simple: comment redevenir un parti national et populaire tout en demeurant progressif?
   Premièrement, il est clair que le PQ doit réinvestir la question de l'identité. Et il ne lui suffira pas d'agiter quelques drapeaux. En effet, comme le registre du symbolique est déjà occupé par l'ADQ avec sa prise de position portant sur les accommodements raisonnables, le PQ doit offrir du concret. Ainsi, il pourrait proposer d'ajouter la promotion de l'identité nationale aux mandats du ministère de l'immigration, donc de changer le nom de ce ministère en l'identité québécoise. Compte tenu du fait que cette référence communautariste a été ajoutée par les libéraux, cette substitution serait une occasion en or pour le PQ d'opposer son nationaliste intégrateur au multiculturaliste ghettoïsant du PLQ. De même, le PQ ne devrait pas hésiter à proposer du concret en matière de lamgue, ne serait-ce qu'en ramenat à l'ordre du jour l'importance d'accroître la fréquentation des institutions d'enseignement postsecondaire de lamgue française par les immigrants.

Étatisme


Deuxièmement, un véritable parti national et populaire ne saurait se contenter de ne l'être qu'en ce qui a trait aux enjeux identitaires. Il doit penser «national et populaire», y compris lorsqu'il se penche sur des enjeux sociaux. Cela pourrait signifier que le PQ ne doit plus être aussi étatiste en matière de santé. C'est que cet étatiste revient à défendre la loi canadienne sur la santé et à mettre le parti en porte-à-feux avec une population de plus en plus favorable au secteur privé en santé. Or, en nommant Michel Venne plutôt que Joseph Facal à la commission Castonguay qui se penche sur le financement du système de santé, le PQ semble avoir choisi de défendre son étatiste plutôt que d'ecplorer de nouvelles voies, par exemple les coopératives de santé. En effet, puisque M. Facal est un spécialiste de la question, comme le prouve le livre "Volonté politique et pouvoir médical", qu'il vient de publier, alors que M. Venne s'y connaït moins, tous comprennent qu'il s'agissait là d'un choix idéologique, le PQ préférant un «solidaire» à un «lucide».

Ceci étant, être national et populaire ne signifie pas être de droite. Ainsi, dans le dossier des frais de scolarité, une position national, populaire et progressiste consisterait à s'opposer à la hausse. Pourquoi? D'une part, ce dégel vise à rattraper la moyenne canadienne, donc à réduire la spécificité québécoise dans ce domaine; d'autre part, il aurait pour effet de diminuer l'accessibilité des universités aux classes populaires, comme ce fut le cas à la suite des hausses de frais en Ontario.
   Bref, c'est en se réappropriant la question identitaire à l'aide d'idées concrètes et en prenant intelligemment position sur les enjeux sociaux que le PQ redeviendra un parti national et populaire tout en demeurant progressiste. Et ce n'est qu'une fois qu'il sera redevenu le champion des intérêts nationaux du Québec et le parti préféré du peuple québécois qu'il pourra remettre en avant son option fondamentale.

Guillaume Rousseau
Doctorant en droit à
l'Université de Sherbrooke



Publié le 27 juillet 2007
Par oxford
Tribune Libre / Opinion
La Tribune
Sherbrooke, le 26 juillet 2007

Par Guillaume Rousseau

Selon plusieurs, l'ADQ (Action Démocratique du Québec) serait un parti de droite. Pourtant, à la lumière de la récente prise de position d'un député adéquiste en faveur de la nationalisation de l'énergie éolienne, cette étiquette mérite d'être questionnée.
   D'emblée, il faut se rappeler que ce n'est pas une orientation socio-économique qui justifia la fondation de l'ADQ. C'est plutôt la position constitutionnelle du PLQ (Parti Libéral du Québec) qui amena le jeune Mario Dumont à quitter ce parti. Et l'histoire récente de l'ADQ confirme qu'il s'agit d'un parti (habituellement) fidèle au Québec avant d'en être un fidèle à quelconque idéologie. En effet, l'ADQ c'est aussi, et surtout, le parti qui renait de ses cendres à la faveur d'une prise de position ferme dans le dossier des accommodements raisonnables. Bref, c'est sur des enjeux identitaires et non sur des enjeux économiques que se joue le sort de ce parti.
   Alors pourquoi est-il d'abord qualifié de parti de droite? Ce sont essentiellement des journalistes montréalais qui ont accolé cette étiquette au parti de Dumont, et ce parce que ce dernier n'adhérait pas au multiculturalisme. Accepter cette équation revient à réduire la gauche au multiculturalisme.
   Oui mais l'ADQ défend d'autres positions de droite, diront certains, en pensant à son idée d'allocations familiales par exemple. Or, il suffit d'analyser sereinement cette position pour comprendre qu'elle est loin d'être favorables aux privilégiés. En effet, l'envoi de chèques aux jeunes parents est une mesure qui redistribue les ressources de ceux qui ont moins besoin, les familles.
    Certes, il y a parfois au sein de l'ADQ des marques d'hostilité envers les syndicats ou une volonté de réduire la taille de l'État, deux tendances qui sont incontestablement de droite. Pourraient-elles suffire è qualifier l'ADQ de parti de droite? Sans doute que non. C'est que s'il y a un critère qui permet d'identifier clairement la droite, c'est celui des baisses d'impôt. Or l'ADQ s'y est récemment opposé. De même s'il existe un critère qui permet d'identifier clairement la gauche, c'est celui de la nationalisation. Et le député adéquiste Claude Roy vient justement de proposer que son parti se prononce en faveur de la nationalisation de l'énergie éolienne.
   Est-ce dire que l'ADQ est un parti de gauche? Non, mais elle pourrait devenir une coalition nationale, soit un parti regroupant des gens de droite, des centristes et des gens plus à gauche qui ont en commun de vouloir défendre les intérêts du Québec et la classe moyenne. Cette évolution serait un bond qualitatif pour ce parti qui ne pourrait plus alors se contenter d'adopter des réflexes pavloviens de droite. Par exemple, avant de se prononcer sur la hausse des frais de scolarité et de l'aide financière aux études, il devrait se demander s'il s'agit là d'une bonne idée pour la classe moyenne. S'il se posait cette question, il réaliserait que les classes plus aisées pourront absorber la hausse sans problème, que les pauvres bénéficieront de plus de prêts de bourses, mais que la classe moyenne devra payer plus sans recevoir plus. C'est donc dire que si l'ADQ devient une colalition nationale de gens d'horizons différents, elle pourra enrichir davantage le débat politique au Québec.

Guillaume Rousseau
Doctorant en droit et chercheur
en sciences politiques
à l'Université de Sherbrooke

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