Opinion Libre
La Tribune
Par André Munger, md. et
Philippe Lamontagne, md.
M. Stephen Harper,
Premier ministre du Canada,
Il y a quelques mois, nous apprenions avec consternation que votre gouvernement refusait de rembourser rétroactivement à des milliers d'aînés le supplément de revenu garanti aux personnes âgées. Vous reniez ainsi une promesse faite au déclenchement des dernières élections.
La seule faute commise par quelque 130 000 personnes, parmi les plus démunies de la société, est de ne pas l'avoir réclamé. S'il est facile de comprendre les raisons pour lesquelles elles n'ont pas pu ou su réclamer leur dû, il est plus difficile de comprendre votre refus alors qu'on annonce un surplus de plus de 10 milliards $ pour 2007-2008.
Il est parfaitement légitime d'aspirer à mieux, mais tenons-nous le pour dit, il n'y a plus de place pour les faibles, les marginaux et... les vieux. Et des vieux, il y en a de plus en plus.
Si beaucoup sont actifs et productifs, d'autres, par contre, sont affaiblis, boîteux, confus et pauvres. Du point de vue du ''système'', ils nous intéressent de moins en moins parce qu'ils consomment peu, sauf des soins et des services. Dans cette équatation, les personnes démunies sont une charge dont on ne peut plus se délivrer. Voilà votre message lorsqu'on nous informe que toutes ces personnes, maîtrisant mal les complexités administratives, se voient privées de sommes essentielles à leur santé, leur autonomie et leur dignité.
Ces sommes ne sont pas un luxe, elles sont le minimum du minimum dans leur vie de misère. Elles donnent cette mince possibilité de mieux se nourrir, se vêtir de façon plus appropriée, se loger convenablement ou d'obtenir cette petite aide nécessaire au maintien de leur autonomie. Ces suppléments permettent d'éviter la brisure que représente la maladie, la souffrance et l'isolement.
Nous pensons qu'il est de votre devoir de mieux partager la richesse. Cette richesse, nous leur en sommes redevables. En dehors de nos efforts personnels et communautaires, il faut partager, et c'est par le truchement de nos impôts que les différents paliers de gouvernement ont la responsabilité de verser aux plus pauvres et aux plus démunis ces minimums de revenus.
Pour nous médecins, trop souvent témoins de la misère, nous sommes convaincus qu'une aide insuffisante se solde irrémédiablement par la maladie. Nous espérons que d'autres voix se joindront à la nôtre pour vous demander de réviser votre position. Nous vous exhortons à faire en sorte que toutes les personnes âgées puissent obtenir rapidement les suppléments de revenu garanti nécessaires à leur bien-être et que toutes les personnes n'ayant pas touché ces sommes dans le passé puissent les récupérer sans délai.
André Munger
Philippe Lamontagne
Sherbrooke
La seule faute commise par quelque 130 000 personnes, parmi les plus démunies de la société, est de ne pas l'avoir réclamé. S'il est facile de comprendre les raisons pour lesquelles elles n'ont pas pu ou su réclamer leur dû, il est plus difficile de comprendre votre refus alors qu'on annonce un surplus de plus de 10 milliards $ pour 2007-2008.
Il est parfaitement légitime d'aspirer à mieux, mais tenons-nous le pour dit, il n'y a plus de place pour les faibles, les marginaux et... les vieux. Et des vieux, il y en a de plus en plus.
Si beaucoup sont actifs et productifs, d'autres, par contre, sont affaiblis, boîteux, confus et pauvres. Du point de vue du ''système'', ils nous intéressent de moins en moins parce qu'ils consomment peu, sauf des soins et des services. Dans cette équatation, les personnes démunies sont une charge dont on ne peut plus se délivrer. Voilà votre message lorsqu'on nous informe que toutes ces personnes, maîtrisant mal les complexités administratives, se voient privées de sommes essentielles à leur santé, leur autonomie et leur dignité.
Ces sommes ne sont pas un luxe, elles sont le minimum du minimum dans leur vie de misère. Elles donnent cette mince possibilité de mieux se nourrir, se vêtir de façon plus appropriée, se loger convenablement ou d'obtenir cette petite aide nécessaire au maintien de leur autonomie. Ces suppléments permettent d'éviter la brisure que représente la maladie, la souffrance et l'isolement.
Nous pensons qu'il est de votre devoir de mieux partager la richesse. Cette richesse, nous leur en sommes redevables. En dehors de nos efforts personnels et communautaires, il faut partager, et c'est par le truchement de nos impôts que les différents paliers de gouvernement ont la responsabilité de verser aux plus pauvres et aux plus démunis ces minimums de revenus.
Pour nous médecins, trop souvent témoins de la misère, nous sommes convaincus qu'une aide insuffisante se solde irrémédiablement par la maladie. Nous espérons que d'autres voix se joindront à la nôtre pour vous demander de réviser votre position. Nous vous exhortons à faire en sorte que toutes les personnes âgées puissent obtenir rapidement les suppléments de revenu garanti nécessaires à leur bien-être et que toutes les personnes n'ayant pas touché ces sommes dans le passé puissent les récupérer sans délai.
André Munger
Philippe Lamontagne
Sherbrooke

