La Tribune
Sherbrooke, le 26 juillet 2007
Par Guillaume Rousseau
Selon plusieurs, l'ADQ (Action Démocratique du Québec) serait un parti de droite. Pourtant, à la lumière de la récente prise de position d'un député adéquiste en faveur de la nationalisation de l'énergie éolienne, cette étiquette mérite d'être questionnée.
D'emblée, il faut se rappeler que ce n'est pas une orientation socio-économique qui justifia la fondation de l'ADQ. C'est plutôt la position constitutionnelle du PLQ (Parti Libéral du Québec) qui amena le jeune Mario Dumont à quitter ce parti. Et l'histoire récente de l'ADQ confirme qu'il s'agit d'un parti (habituellement) fidèle au Québec avant d'en être un fidèle à quelconque idéologie. En effet, l'ADQ c'est aussi, et surtout, le parti qui renait de ses cendres à la faveur d'une prise de position ferme dans le dossier des accommodements raisonnables. Bref, c'est sur des enjeux identitaires et non sur des enjeux économiques que se joue le sort de ce parti.
Alors pourquoi est-il d'abord qualifié de parti de droite? Ce sont essentiellement des journalistes montréalais qui ont accolé cette étiquette au parti de Dumont, et ce parce que ce dernier n'adhérait pas au multiculturalisme. Accepter cette équation revient à réduire la gauche au multiculturalisme.
Oui mais l'ADQ défend d'autres positions de droite, diront certains, en pensant à son idée d'allocations familiales par exemple. Or, il suffit d'analyser sereinement cette position pour comprendre qu'elle est loin d'être favorables aux privilégiés. En effet, l'envoi de chèques aux jeunes parents est une mesure qui redistribue les ressources de ceux qui ont moins besoin, les familles.
Certes, il y a parfois au sein de l'ADQ des marques d'hostilité envers les syndicats ou une volonté de réduire la taille de l'État, deux tendances qui sont incontestablement de droite. Pourraient-elles suffire è qualifier l'ADQ de parti de droite? Sans doute que non. C'est que s'il y a un critère qui permet d'identifier clairement la droite, c'est celui des baisses d'impôt. Or l'ADQ s'y est récemment opposé. De même s'il existe un critère qui permet d'identifier clairement la gauche, c'est celui de la nationalisation. Et le député adéquiste Claude Roy vient justement de proposer que son parti se prononce en faveur de la nationalisation de l'énergie éolienne.
Est-ce dire que l'ADQ est un parti de gauche? Non, mais elle pourrait devenir une coalition nationale, soit un parti regroupant des gens de droite, des centristes et des gens plus à gauche qui ont en commun de vouloir défendre les intérêts du Québec et la classe moyenne. Cette évolution serait un bond qualitatif pour ce parti qui ne pourrait plus alors se contenter d'adopter des réflexes pavloviens de droite. Par exemple, avant de se prononcer sur la hausse des frais de scolarité et de l'aide financière aux études, il devrait se demander s'il s'agit là d'une bonne idée pour la classe moyenne. S'il se posait cette question, il réaliserait que les classes plus aisées pourront absorber la hausse sans problème, que les pauvres bénéficieront de plus de prêts de bourses, mais que la classe moyenne devra payer plus sans recevoir plus. C'est donc dire que si l'ADQ devient une colalition nationale de gens d'horizons différents, elle pourra enrichir davantage le débat politique au Québec.
Guillaume Rousseau
Doctorant en droit et chercheur
en sciences politiques
à l'Université de Sherbrooke
D'emblée, il faut se rappeler que ce n'est pas une orientation socio-économique qui justifia la fondation de l'ADQ. C'est plutôt la position constitutionnelle du PLQ (Parti Libéral du Québec) qui amena le jeune Mario Dumont à quitter ce parti. Et l'histoire récente de l'ADQ confirme qu'il s'agit d'un parti (habituellement) fidèle au Québec avant d'en être un fidèle à quelconque idéologie. En effet, l'ADQ c'est aussi, et surtout, le parti qui renait de ses cendres à la faveur d'une prise de position ferme dans le dossier des accommodements raisonnables. Bref, c'est sur des enjeux identitaires et non sur des enjeux économiques que se joue le sort de ce parti.
Alors pourquoi est-il d'abord qualifié de parti de droite? Ce sont essentiellement des journalistes montréalais qui ont accolé cette étiquette au parti de Dumont, et ce parce que ce dernier n'adhérait pas au multiculturalisme. Accepter cette équation revient à réduire la gauche au multiculturalisme.
Oui mais l'ADQ défend d'autres positions de droite, diront certains, en pensant à son idée d'allocations familiales par exemple. Or, il suffit d'analyser sereinement cette position pour comprendre qu'elle est loin d'être favorables aux privilégiés. En effet, l'envoi de chèques aux jeunes parents est une mesure qui redistribue les ressources de ceux qui ont moins besoin, les familles.
Certes, il y a parfois au sein de l'ADQ des marques d'hostilité envers les syndicats ou une volonté de réduire la taille de l'État, deux tendances qui sont incontestablement de droite. Pourraient-elles suffire è qualifier l'ADQ de parti de droite? Sans doute que non. C'est que s'il y a un critère qui permet d'identifier clairement la droite, c'est celui des baisses d'impôt. Or l'ADQ s'y est récemment opposé. De même s'il existe un critère qui permet d'identifier clairement la gauche, c'est celui de la nationalisation. Et le député adéquiste Claude Roy vient justement de proposer que son parti se prononce en faveur de la nationalisation de l'énergie éolienne.
Est-ce dire que l'ADQ est un parti de gauche? Non, mais elle pourrait devenir une coalition nationale, soit un parti regroupant des gens de droite, des centristes et des gens plus à gauche qui ont en commun de vouloir défendre les intérêts du Québec et la classe moyenne. Cette évolution serait un bond qualitatif pour ce parti qui ne pourrait plus alors se contenter d'adopter des réflexes pavloviens de droite. Par exemple, avant de se prononcer sur la hausse des frais de scolarité et de l'aide financière aux études, il devrait se demander s'il s'agit là d'une bonne idée pour la classe moyenne. S'il se posait cette question, il réaliserait que les classes plus aisées pourront absorber la hausse sans problème, que les pauvres bénéficieront de plus de prêts de bourses, mais que la classe moyenne devra payer plus sans recevoir plus. C'est donc dire que si l'ADQ devient une colalition nationale de gens d'horizons différents, elle pourra enrichir davantage le débat politique au Québec.
Guillaume Rousseau
Doctorant en droit et chercheur
en sciences politiques
à l'Université de Sherbrooke
