«C'est l'éternel débat de la poule et de l'oeuf: lequel a engendré l'autre? Le lieu crée des usages, c'est certain, mais les usages recréent aussi des lieux. C'est deux là sont indissociables, ils se nourissent, s'influence mutuellement.»
Benoît
Lanusse

Urbanisme
L'urbanisme des élus et professionnelsBenoît
Lanusse
Urbanisme
On travaille beaucoup sur les lieux. On imagine de beaux projets qui vont améliorer la mixité urbaine, les déplacement, les bénéfices des promoteurs, le cadre de vie... On dessine de beaux projets illustrés par des images alléchantes d'un futur prometteur.
On peut d'ailleurs distinguer sur celles-ci quelques mannequins d'encre et de papier vrai vraiment ''heureux'' d'être là. J'ai souvent comme un malaise: trop lisses, trop inhumains. ''Ahumains'' serait plus correct, mais ce terme n'existe pas.
On peut d'ailleurs distinguer sur celles-ci quelques mannequins d'encre et de papier vrai vraiment ''heureux'' d'être là. J'ai souvent comme un malaise: trop lisses, trop inhumains. ''Ahumains'' serait plus correct, mais ce terme n'existe pas.
Bien sûr, pour cela, on dépense beaucoup d'argent (si vous saviez le prix d'un malheureux rond-point...) C'est l'urbanisme des élus et des professionnels.
Les usages, on essaie de les comprendre, de les influencer, de les contraindre. Personnellement, je crois que l'on utilise pas toujours la meilleure méthode. En effet, au final, c'est toujours un groupe réduit qui essaie de guider la masse, sans trop la brusquer, sans trop rappeler à chacun de nous sa part de responsabilité collective et individuelle dans le devenir de notre société. Trop risqué électoralement parlant.
Nos choix, nos villes.
Car enfin, un projet de ville, ce n'est pas seulement des dessins, de belles images d'un futur idéal avec des personnes idéales. Un projet de ville, c'est d'abord un ''vivre ensemble''. Or ce ''vivre ensemble'' ne peut pas être décrété par des élus ou des professionnels comme les urbanismes. On peut servir d'aiguillons, de catalyseurs, mais il ne faut pas surestimer ni nos capacités, ni notre part de responsabilité. Ce ''vivre ensemble'', c'est d'abord chacun de nous qui le met en oeuvre, à chaque instant, dans sa vie quotidienne par ses usages.
L'usage, un acte militant.
Moi, en tant qu'urbanisme, je peux, par exemple, dessiner de jolis abords d'école. Je travaille d'ailleurs en ce moment sur un projet incluant un groupe scolaire. Je peux refuser de faire un supermarché scolaire avec son énorme parking ou un McDrive scolaire où les voitures défilent. Je peux prévoir un parking, plus modeste, mais sûr et un autre, un peu plus loin, qui ne serve pas juste à l'école. Je peux réserver un espace pour que les parents puissent discuter tranquilement et un autre pour que le petit dernier joue en attendant son aîné. Je peux mettre trois arbres et deux bancs. Je peux, à dessein, mais, au final, c'est vous qui allez faire cet espace par vos usages.
Or ce que je voudrais vous faire prendre conscience, c'est que nos actes de la vie quotidienne ont une influence, non seulement, sur notre vie individuelle, mais également, sur celle de la collectivité. Car, malgré toutes les convictions que nous pouvons penser avoir, malgré le sopinions que nous pouvons penser avoir, malgré les opinions que nous pouvons afficher ou, au contraire, masquer, nous militons tous à travers nos usages. A travers eux, et même le plus petit, que nous le voulons ou non, nous faisons la promotion d'un certain mode de vie. En cela, je pense être asez proche de l'existentialiste de Sarte. Bien sûr, c'est compliqué. Il y a des paramètres externes, d'autres personnels dont nous sommes conscients ou pas. Et quand je parle de vous, je parle aussi de moi.
Que faire de tout ceci?
Que faire de tout ceci pour le citoyen?
Il semble important que chaque citoyen se demande si ses usages sont en accord avec ses pensées, mais aussi qu'il observe aussi ceux de ses concitoyens. Il ne s'agit pas seulement d'assumer sa part de responsabilité individuelle, mais aussi sa part dans la vie collective car lorsque l'on ne réagit pas à une pratique que nous désapprouvons, nous l'encourageons.
Que faire de tout cei pour la collectivité?
Il semble qu'il faudrait en parler tout simplement. Pas facile à faire, pour les élus, pour les professionnels, pour les citoyens, mais c'est aussi une question de volonté et de moyens. Et si nous utilisons qu'une faible fraction de ce que nous investissons en voirie et en construction, il ne nous manquerait que la volonté pour travailler sur un des paramètres essentiels de la qualité de vie de nos territoires.
Benoît Lanusse
Urbanisme
Courriel: benoit_lanusse@yahoo.es
Site Internet: http://www.chezbelan.com
