|
Publié le 29 décembre 2006
Par oxford
La Tribune Sherbrooke, le 29 décembre 2006 Par Mélanie Noël melani.noel@latribune.qc.ca « Il faut attirer les gens avant de penser à les héberger » Claude Guinet
SHERBROOKE - «Ne me parlez pas de construire un hôtel sur le bord du lac des Nations, Ça ne sert à rien de construire des hôtels s'il n'y a rien à visiter à Sherbrooke. Personne ne va venir! On doit créer un attrait touristique et tout le reste en découlera», explique Claude Guinet. Selon lui, les projets d'hôtellerie et de restauration ne doivent pas être le moteur du plan d'urbanisme, mais seulement un soutien. «Les dirigeants de la Ville de Sherbrooke n'ont jamais eu de vision à long terme en ce qui a trait au développement urbanistique. On construit tout, un peu partout, n'importe comment. L'esthétique d'une ville, c'est important. C'est ce qui donne le goût aux gens d'y vivre, aux touristes de la visiter», soutient l'homme d'affaires français. Le visionnaire croit qu'il serait fabuleux de construire un musée d'envergure internationale sur le bord du lac des Nations afin de profiter de sa réverbation. «Tel que le Musée Huggenheim de Bilbao en Espagne, le lac reflétera le musée, tel un mirroir, et doublerait l'espace culturel!» ajoute M. Guinet avec entousiasme. M. Guinet propose de repenser le futur avec une notion d'esthétisme. D'axer sur l'aspect culturel que l'Unisersité de Sherbrooke a commencé à développer pour redonner une nouvelle notoriété à la ville de Sherbrooke. Pourquoi pas! D'autres villes dans le monde ont entrepris des projets semblables pour embellir leur milieu et attirer les touristes. En plus on a l'espace et la clientèle pour le faire. Lac des Nations au centre-ville de Sherbrooke Photo - Archives La Tribune
Publié le 29 décembre 2006
Par oxford
La Tribune Sherbrooke, le 29 décembre 2006 Par Mélanie Noël melanienoel@latribune.qc.ca « Il faut miser sur le côté culturel »
SHERBROOKE - Un musée d'envergure internationale à Sherbrooke? Pourquoi pas! D'autres villes dans le monde ont entrpris des projets semblables pour embellir leur milieu et attirer les touristes. En plus, on a l'espace et la clientèle pour le faire. C'est que pense Claude Guinet, vice-président de la Chambre de commerce France-Canada et gouverneur de l'Université de Sherbrooke. M. Guinet, un Français qui réside en Estrie quelques mois par année depuis plus de 20 ans, a observé l'évolution de la ville de Sherbrooke. «Issue d'un passé industrie;, la ville a pris une dimension de plus en plus culturelle, principalement à cause de son université, affirme-t-il. Malheureusement, au cours de ces années de transformation, je n'ai pas perçu l'existence d'un plan d'urbanisme qui sache harmoniser les éléments du milieu.» Pour embellir la ville et accentuer son aspect culturel, M. Guinet propose de construire un musée d'envergure internationale sur les rives du lac des Nations. «On a la superficie pour le faire et, en plus, on a la clientèle américaine à proximité!». Le mécène à l'accent de France propose donc de mettre sur pied un projet qui puisse attirer des visiteurs. Un projet qui alimenterait les dimensions récréative, touristique, culturelle et économique de la région.
Culture, tourisme et économie M. Guinet donne l'exemple du Musée Guggenheim de Bilbao en Espagne. «Bilbao était une ville laide jusqu'à temps que les dirigeants décident de créer un centre culturel. Depuis sa construction, des gens du monde entier se déplacent pour aller le visiter. Le Musée Guggenheim de Bilbao a ouvert ses portes en 1997, et en moins d'une année, plus d'un million trois cent mille visiteurs se sont rendus à la pinacothèque.
«Pourquoi aujourd'hui la ville de Sherbrooke ne se doterait-elle pas d'un caractère culturel qui serait en conformité avec celui de l'université?» En gros, ce serait un projet de développement durable qui mélengerait culture, tourisme et économie en utilisant les rivières, le lac, les superficies et atténuerait ainsi les traces de l'industrialisation et ses blessures.» Ce Québécois d'adoption croit que le projet est réalisable si une fondation est créée et si elle obtient le soutien de l'État, de la Ville et des grandes entreprises du Québec. Pour démarrer le projet, il se montre intéressé à investir. Les autres intervenants visés le suivront-ils?
Publié le 28 décembre 2006
Par oxford
La Tribune / Opinion libre La Tribune, Sherbrooke le 28 décembre 2006 Par Roger Roy Où vont nos taxes? Il y a là une question de choix et d'administration à bien souspeser.
Les sondages ont démontré dernièrement que Sherbrooke était une des villes qui offrait les meilleures avantages pour les gens comme les entreprises. Excellente qualité de vie, environnement agréable, main-d'oeuvre polyvalente, deux universités, dualité culturelle, un hôpital de première qualité, le CHUS, et j'en passe. Nos élus ont été très heureux de ce classement; nous aussi, et avec raison. Maintenant, nous attendons des résultats. L'été passé, lors de différentes activités, j'ai rencontré beaucoup de gens qui se posent, tout comme moi, des questions sur l'avenir de Sherbrooke. Je vous transmets ces interrogations. Les sondages étant souvent des armes à double tranchant, voici donc l'autre tranchant:
Sherbrooke a l'un des impôts fonciers les plus élevés du Québec; la dette, malgré l'apport important d'Hydro-Sherbrooke, est, au prorata de la population, aussi parmi les plus élevées. Nous sommes aussi conscients que Québec ne cesse de pelleter des responsabilités additionnelles aux Villes sans compensations financières; cependant les Villes concurrentes de Sherbrooke doivent aussi se battre avec ce problème. Pourquoi donc avons-nous tant de difficultés à attirer de bonnes industries offrant des salaires décents? C'est bien beau des commerces, mais avec des salaires de 8$ à 10$ l'heure, Sherbrooke va demeurer en bas de la liste des villes les plus pauvres au Canada.
Cité des rivières, la mal-aimée. Je lisais dans le journal qu'Albert Painchaud apostrophait tous ceux qui osaient critiquer le dernier projet (le téléphérique). J'ai peine à croire qu'il soit neutre, ayant été directeur général de Cité des rivières pendant cinq ou six ans... Si je me rappelle bien, l'affluence touristique ainsi que les investissements privés devaient faire en sorte que, finalement, l'affaire soit rentable. Je dois admettre que le tour du lac des Nations est une grande réussite, mais avant de dépenser d'autres millions, il faudrait voir à restaurer nos infrastructures qui en ont grandement besoin. Je me demande encore, chaque fois que je passe sur le «pont de la Paton», comment il se fait que les piétons ont eu droit à une belle passerelle tout neuve alors que le pont tombe en ruines. N'aurait-on pas pu faire d'une pierre deux coups et attacher la passerelle à un pont tout neuf, lui aussi? Il y a beaucoup de pauvreté à Sherbrooke, beaucoup de personnes âgées qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts, qui ne peuvent trouver des HLM, car la Ville n'en bâtit pas. Vous faites des économies de bouts de chandelles sur le dos des démunis en refusant par exemple, que les autobus de la STS fassent un léger détour pour aller aux Promenades King ou au Galeries Quatre-Saisons. Je ne crois pas, M. le maire Perrault et les conseilliers, que vous aimeriez partir de la rue King et monter aux Promenades King cet hiver à -20°C et avec un peu de vent, et pourtant, c'est ce que vous allez imposer aux usagers. En terminant, je vous demande de penser aux citoyens de Sherbrooke, à nos infrastructures vieillissantes avant de vous lancer dans des idées de grandeur. Où vont nos taxes? Il y a là une question de choix et d'administration à bien soupeser.
Roger Roy Sherbrooke Promenade de Cité des rivières Albert Painchaud Lac des Nations
 Photo - Archives La Tribune Photo - Archives La Tribune Photo - Archives La Tribune
Publié le 24 décembre 2006
Par oxford
Le Journal de Sherbrooke Sherbrooke, le 22 décembre 2006 Par Ghislain Allard rédaction.sherbrooke@hebdosquebecor.com « Il faut avoir les moyens de nos ambitions » - Mariette Fugère
La conseillière votre contre le budget
Un seul membre du conseil municipal de Sherbrooke a voté contre l'adoption du buget 2007. Mariette Fugère, conseillière du district du Pin solitaire, dans l'arrondissement Fleurimont, s'y est opposée parce que la Ville continue d'injecter des sommes massives dans le crontroversé projet Cité des rivières. Dans son budget 2007, la Ville de Sherbrooke consacre plus de 2 millions $ à ce développement récréo-touristique. «Il faut avoir les moyens de nos ambitions. Au début, je ne me suis pas élevée contre ce projet. On nous disait alors que le privé était pour investir. Jusqu'à présent, il n'y a pas un chrétien qui a injecté dans la Cité des rivières. Il y a seulement les citoyens qui payent toujours et toujours», soutient la conseillière du dustric 2,1. «Avec Cité des rivières, poursuit-elle, nous faisons le tour du lac pollué qui sent mauvais. J'ai l'impression que nous avons commencé à l'envers», affirme Mariette Fugère. Selon elle, le projet est un non-sens. «Je ne suis vraiment pas certaine que je prendrais mes vacances à Sherbrooke pour ces installations récréo-touristiques. C'est un projet intéressant pour les gens habitant autour du lac des Nations. À Fleurimont, les citoyens ne se déplaceront pas en voiture pour aller marcher autour d'un lac pollué. Il n'y a aucune logique dans cette affaire. Nous allons à l'encontre des grands débats environnemen-taux», s'indigne la conseillière municipale. Redistribution équitable Selon elle, l'argent pourrait être redistribué de façon plus équitable à travers les différents arrondissements. «Dans Fleurimont, il y a des rues pitoyables. Nous avons besoin d'argent pour nos parcs. Nous attendons l'aménagement d'un bureau d'arrondissement et d'une maison de la culture. La Ville nous répond qu'elle n'a pas les moyens. Mais on trouve 2 millions $ pour Cité des rivières», s'ingurge-t-elle. «Au lendemain de l'adoption du budget, lors d'un dîner dans mon secteur organisé par les clubs de l'âge d'Or, tous les gens présents sont venus me féliciter pour avoir pris une telle position. Nous venons d'imposer une augmentation de taxes à la grande majorité de citoyens. En même temps, une fois de plus, nous injectons des millions de dollars dans Cité des rivières», insite Mme Fugère. La conseillière s'oppose également au montant prévu pour l'enfouissement des fils au centre-ville. «Il s'agit en fait d'un petit cadeau esthétique que nous nous payons. C'est très discutable. On nous dit qu'il s'agit d'un secteur patrimonial. Ça ressemble plutôt à un vieux stationnement», termine la conseillière. Mariette Fugère Cité des Rivières Conseillière municipale Lac (pollué) des Nations
Publié le 21 décembre 2006
Par oxford
La tendance commerciale de demain à Sherbrooke
«Nous devrions concentrer nos efforts d'aujourd'hui sur la tendance commerciale de demain, celle du Smart Growth qui conjugue environnement et proximité sociale, plutôt que de favoriser chez nous un modèle de développement en déclin. En ce sens, nous sommes davantage visionnaires que dépassés par les événements.»
Nous avons pris connaissance Monsieur Cloutier de votre éditorial du 4 octobre 2006, publié dans La Tribune de Sherbrooke, intitulé «Un compromis acceptable», à la fois avec un grand intérêt et beaucoup d'étonnement. Vous affirmez, avec justesse, que le plan d'urbanisme de la Ville de Sherbrooke est le fruit d'un travail colossal réalisé au cours des dernières années et nous le reconnaissons d'emblée. Vous faites également allusion à la position de trois élus qui demeurent contre l'orientation retenue en regard du dossier de l'agrandissement du Plateau St-Joseph. Vous ajoutez: «Nous comprenons les réticenses que soulèvent certains élus», sans pour autant les évoquer. Dans le débat que vous suscitez avec raison, il nous semble pertinent de préciser les fondements de notre opposition à ce projet
Comme vous le disiez si bien dans votre éditorial du 27 avril dernier, et nous partageons toujours votre point de vue là-dessus: «L'appât du gain ne doit pas inciter les élus municipaux à faire l'économie d'une réflextion plus large sur les conséquences d'une zone d'attraction élargie dans le secteur de l'autoroute 55». Comme vous le soulignez, le dossier a évolué au cours des derniers mois. Mais le présent dynamisme commercial n'efface en rien la menace que représente l'agrandissement du Plateau St-Joseph sur la structure commerciale actuelle puisque les véritables effets sont à venir. Quant au processus d'analyse du projet, nous l'avons suivi de près puisque nous logions aux premières loges (comité consultatif d'urbanisme et conseil municipal). Le promoteur, le groupe Immex, n'a pu obtenir tout ce qu'il voulait pour la simple et bonne raison que les élus ne pouvaient lui accorder en raison de la limite du périmètre d'urbanisation qui retranche environ 40 pour cent de l'espace «à développer». Pour donner le feu vert au projet initial présenté au conseil municipal en mai dernier, il aurait fallu déplacer la limite du périmètre d'urbanisation de manière à y inclure le reste de la propriété du promoteur, ce qui demande, au terme d'un long processus, une décision favorable de la part du ministère des Affaires municipales et des Régions. En attendant, le conseil a consenti à ce que tout l'espace disponible à l'intérieur du périmètre d'urbanisation, y compris la zone industrielle et une petite portion de zone rurale, soit développé par le promoteur, ce qui va dans le sens de la décision prise le 2 octobre dernier par le conseil municipal. Lorsque viendra l'exercise visant à redéfinir le périmètre d'urbanisation en 2007-2008 dans le cadre de l'adoption du schéma d'aménagement (qui lui devra être soumis à l'approbation du ministère), le débat reprendra de plus belle puisque la demande initiale du promoteur portait également sur la partie hors-périmètre. Bernard Sévigny Diane Delisle Francis Gagnon  (Photos - Archives La Tribune) Notre position est également basée sur deux éléments qui ressortent de l'étude d'impacts du projet du Plateau St-Joseph sur la structure commerciale de la ville de Sherbrooke réalisée au printemps dernier par la firme Géocom. D'une part, les besoins en espaces commerciaux (sur la base d'une offre commerciale de 160 pour cent pour assurer la déserte régionale) est de 127 000 pi² d'ici 2011. Nous en avons déjà 428 000 pi² à développer au Plateau St-Joseph, ce qui suffirait amplement pour faire face à la demande jusqu'en 2021 confirme l'auteur de l'étude. Le conseil vient d'accepter d'en ajouter plus de 100 000 pi² additionnels. (...)Vous affirmez qu'«il est carrément illogique de vouloir étouffer complètement ou de laisser se développer en fonction du zonage actuel». Pour nous, la démonstration «des experts de Géocom» au chapitre des besoins et des impacts serait suffisant pour dire non à l'expansion du Plateau St-Joseph, mais il y a plus. Nos arguments les plus importants sont ceux qui portent sur notre vision du développement commercial pour Sherbrooke et surtout sur le mode de vie qu'il induit. Pour faire un parallèle avec le monde de la gestion, les entreprises qui réussisent le mieux, donc les plus innovantes, sont celles qui devancent les tendances et les cycles d'évolution des produits et des services qu'elles offrent. Le même raisonnement peut s'appliquer en matière de développement commercial. Il y a eu l'époque des centres commerciaux, il y a celle des Power Center (le Plateau St-Joseph), celle des Life Style Center est en émergence (un Power Center qui reproduit l'ambiance d'un centre-ville) et il y a aussi la tendance annoncée aux États-Unis et en Europe du Smart Growth (le nouvel urbanisme) qui consiste à recréer dans les quartiers une offre commerciale complète de proximité de style «village». Ce type de développement commercial est évidemment plus compatible avec les concepts et les objectifs du développement durable. Or, nous savons tous très bien que le phénomène du vieillissement de la population apportera des comportements commerciaux fort différents dans les 10 ou 15 prochaines années comme nous savons aussi que nous devrons intensifier la lutte contre la profilération des gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies. C'est pourquoi, nous devrions concentrer nos efforts d'aujoud'hui sur la tendance commerciale de demain qui conjugue environnement et proximité sociale, putôt que de favoriser chez nous un modèle de développement en déclin. En ce sens, nous sommes davantage visionnaires que dépassés par les événements. La question que vous posiez dans votre éditorial du 27 avril dernier demeure fort pertinente: «Est-ce que Sherbrooke doit céder à la tentation d'une vision à court terme?» Nous répondons non à cette question. En terminant, nous avons la conviction que c'est tout un mode de vie qui se cache derrière le développement d'un Power Center. Un mode de vie qui privilégie l'utilisation des autos, la détérioration de la vie de quartier, la consommation tous azimuts, la destruction des artères commerciales que «les experts» qualifient de «friche commerciale», c'est-à-dire des cicatrices dans le tissu commercial qui commanderont éventuellement des efforts financiers importants de la part de la ville (à même vos taxes). Nous connaissons pourtant ce phénomène puisque le centre-ville de Sherbrooke ne s'est pas encore véritablement relevé de la friche commerciale occasionnée par le phénomène «centre commercial» il y a déjà quelques décennies. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, dans le même plan d'urbanisme, nous obligeons les institutions gouvernementales à s'installer au centre-ville et nous contingentons les espaces à bureau sur la rue King Ouest pour favoriser le (re) développement du centre-ville. Par ailleurs, nous réduisons de façons significative dans ce plan d'urbanisme les zones de développement résidentiel pour atténuer et même éviter les effets pervers de l'étalement urbain. La véritable question à se poser est la suivante: doit-on accepter l'agrandissement du Plateau St-Joseph et le mode de vie qu'il soustend à long terme? Dans ce débat complexe, nous privilégions le citoyen plutôt que le consommateur. Nous préconisons un développement commercial à dimension humaine, respectueux des valeurs sur lesquelles repose le développement durable. Il existe des outils urbanistiques pour moduler ou orienter le développement commercial d'une ville en fonction de certain objectifs. Le zonage en est un qui a d'ailleurs été largement utilisé avec succès par bon nombre de communautés américaines. Nous vous remercions, Monsieur Cloutier, de votre contribution à ce nécessaire débat et de nous permettre d'exposer notre point de vue qui, malgré les apparences, a longuement été mûri.
Bernard Sévigny bernard.sevigny@ville.sherbrooke.qc.ca Diane Delisle diane.delisle@ville.sherbrooke.qc.ca Francis Gagnon francis.gagnon@ville.sherbrooke.qc.ca Conseillers municipaux dissidents
Agrandissement du « Power Center » 400 nouveaux emplois?
La création de 400 nouveaux emplois est l'un des principaux arguments présentés pour justifier l'élargissement du Plateau St-Joseph. Un tel raisonnement revient à penser le développement économique en vase clos et à ignorer les conséquences négatives de l'argrandissement du «Power Center» sur la structure commerciale déjà existante, notamment en ce qui a trait aux commerces de proximité. Soulignons que plusieurs de ces commerces appartiennent à des familles sherbrookoises qui, depuis des générations, s'efforcent d'offrir des services personnalisés aux citoyens de leur secteur. D'autres appartiennent à une génération d'entrepreneurs dynamiques qui ont investi le gros de leur économies personnelles. Au point de vue strictement économique, l'implantation des grandes surfaces a plusieurs effets négatifs sur la région. D'abord, les emplois qu'elles créent vont de pair avec une perte équivalente de postes au niveau local. Ensuite, les employés sont payés au salaire minimum, ce qui engendre une pression à la baisse des salaires des travailleurs oeuvrant dans les commerces environnants. De plus, au plan du réseau d'approvisionnement, leur produits proviennent pour l'essentiel de l'extérieur du pays. De ce fait, les fabricants régionaux ne retirent qu'une part marginale de ce commerce. Lorsque les marchandises sont fabriquées dans la région, la philosophie des grandes chaînes comme Wal-Mart se résume à «pressons le citron jusqu'à la dernière goutte». Cela a pour effet de réduire progressivement les profits des fournisseurs régionnaux. Plusieurs n'ont d'autre choix que de fermer leur portes. L'ancienne C.S. Brooks de Magog constitue à ce titre un exemple bien sinistre. Au bout du compte, les profits sont rapatriés à l'extérieur du Pays. Voilà quelques raisons pour lesquelles ces chaînes commerciales appauvrissent les travailleurs d'une région, sans compter qu'au point de vue strictement éthique les conditions de travail dans lesquelles sont réalisés la majorité de leurs produits laissent à désirer. Nous n'accepterions pas jamais qu'un de nos enfants travaille dans de telles conditions. En outre, comment négliger les bénéfices sociaux des commerces de quartier? Ces derniers offrent une «valeur sociale ajoutée» qu'un «Power Center» ne peut procurer. Ils permettent de briser l'isolement en créant des lieux de rencontre entre les résidents d'un même quartier. Ils contribuent à diminer l'utilisation de l'automobile, réduisant par le fait même les gaz à effet de serre et facilitant l'atteinte des objectifs de Kyoto. Pour ce qui est de la santé publique, ils favorisent les «promenades de santé». Et alors que Sherbrooke est confrontée au vieillissement de sa population, ces commerces permettent à nos aînés de vivre et de vieillir en toute autonomie dans leur quartier, et ce, même si certains d'entre eux ne possèdent pas d'automobile. Les 15 millions de dollars déjà investis par la Ville aux frais des contribuables dans la construction des infracstructures du «Power Center» du Plateau St-Joseph, représentent autant d'argent perdu pour la valorisation des économies de nos quartiers. De plus, affecter autant de ressources à un même secteur ne fait qu'augmenter l'écart de richesse entre les différents arrondissement de notre communauté. Voilà quelques conséquences néfastes du développement d'un «Power Center» sur notre économie et notre qualité de vie. Voilà aussi de bonnes raisons pour lesqulles les rencontre du CCU (comité consultatif d'urbanisme) avec les promoteurs immobiliers devraient être publiques (...)
Jean-Michel Beaucher Porte-parole de la Coalition Sherbrooke milieu de vie Site Internet: http://www.pages.usherbrooke.ca/csmn Courriel: coalition.smv@hotmail.com
 |
C'EST L'OPINION QUI PERD LES BATAILLES, C'EST L'OPINION QUI LES GAGNE.
"Joseph de Maistre"
Ce blog est classé72ème
su r plus de 55 000 blogs
Noter ce blog :
457 connectés
29452 visiteurs
Ce blog est classé 72ème
Score de ce blog : 3,22
|